Frontière du Cambodge

Si vous cherchez des informations au sujet de ce trajet sur Internet, vous trouverez des tonnes de messages assez effrayants sur les forums à propos de la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge, au niveau de Poipet. Pas étonnant, vu combien ce voyage est folklorique, long et compliqué. Nous y avons survécu mais pas notre porte-monnaie !

Nous quittons Kaoh San Road à Bangkok un jeudi à 8h du matin en minibus avec 9 autres touristes. Ce matin là, nous ne sommes pas les seuls à quitter la capitale thaïlandaise car les inondations menacent la ville et les habitants bénéficient d’un week-end de 5 jours pour s’occuper de leurs habitations ou celles de leurs proches. Non loin de la frontière, nous nous retrouvons bloqués pendant 1h à une station essence avec des dizaines et des dizaines de bus, voitures et camions en attendant un ravitaillement. Après 7h de route, nous arrivons à la frontière, enfin presque.

Le minibus nous dépose dans une sorte d’agence où nous sommes bien accueillis et invités à remplir les papiers pour le visa. Puis, la personne en relation avec nous, que nous nommerons Bobby pour faire simple, nous demande 1 200 bahts par personne pour aller faire les visas. Tout de suite, nous répondons non, puisque nous savons que le visa coûte normalement 20 dollars, soit 600 bahts. Le problème c’est que cette frontière est particulièrement propice aux escroqueries, nous savions à quoi nous attendre. Face à notre réticence et nos questions, Bobby commence très rapidement à s’énerver, nous répète qu’on a pas le choix et que si on part à la frontière de nous-même le bus côté Cambodge ne nous attendra pas, etc, etc. Nous nous sentons dès lors bloqués, puisque nous avons payé dans une agence à Bangkok un bus pour aller jusqu’à la frontière, puis un autre bus pour aller de Poipet à Siem Reap. Nous ne savons pas où nous sommes et si cet endroit se trouve près de la frontière, si nous partons seuls aurons-nous le bus, nous y amèneront-ils ? Toutes ces interrogations et le fait que tous les autres touristes présents consentent à payer nous contraignent à le faire également. Une demi-heure plus tard, nos visas sont prêts, on nous emmène à la frontière.

Ensuite, vient une nouvelle tentative d’escroquerie dans laquelle nous ne tomberons pas : Bobby nous explique qu’on ne peut pas retirer de riel au Cambodge, la monnaie locale (ce qui est vrai, tout ce que vous retirerez des distributeurs seront des dollars). Il nous propose donc de retirer des bahts à la frontière pour les échanger contre des riels ensuite. Nous avons entendu parler de cette combine, qui implique un échange avec des taux plus que désastreux. Et surtout, ce n’est pas la peine puisque vous paierez tout simplement en dollar au Cambodge, c’est ainsi.
La frontière ne se passe donc sans trop de mal, puisque le visa a déjà été fait. Nous avons rencontré plusieurs personnes ensuite qui ont effectivement payé 20 dollars pour leurs visas, en allant d’eux-même au poste frontière. Mais ce n’est pas non plus impossible qu’on essaie de vous arnaquer ici aussi. A la réflexion, nous n’avions pas été déposés loin de la frontière et nous aurions dû aller faire notre visa nous-même. Je pense qu’ils ne nous auraient pas abandonnés pour autant, préférant généralement éviter le scandale. D’autres Français ont réussi la manœuvre.

On ne peut pas être certains que cela aurait fonctionné sans encombre, d’autant qu’après la frontière, un shuttle bus nous a emmené gratuitement jusqu’à la station de bus, située loin de là. Aurait-ce été le cas si nous avions quitté le groupe ? Nous finissons par arriver à notre bus pour Siem Reap, qui attendra de toute façon longuement que tous les touristes soient là. Moralité : ne vous laissez pas faire !

Après plus de 2h passées autour de la frontière, nous quittons finalement la ville à 15h. Malgré les inondations, le trajet côté Cambodge se déroule sans encombre ; les paysages sont magnifiques. Nous arrivons à Siem Reap à 19h. Les chauffeurs, tout sauf sympathiques, nous déposent au bout d’un chemin en terre, boueux puisqu’il venait de pleuvoir, balance nos sacs par la fenêtre et nous exhorte à nous barrer de manière très agressive. Là, un paquet de tuk-tuk nous attendent de pied ferme, nous ne savons pas où nous sommes mais vu l’endroit où nous nous trouvons il y a de grandes chances pour que nous n’ayons pas d’autre choix que de prendre un transport pour aller en ville. Les premiers tuk-tuks proposent 5 dollars, nous finissons par obtenir un trajet à 2 dollars, pour faire environ 5 kilomètres. Pfiou, la journée se termine, nous débarquons à notre hôtel, fatigués !